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Des militants angolais expulsés du sommet UE–UA à Luanda

Lors du 7e sommet UE–UA, qui se déroulait fièrement sous le slogan : « Promouvoir la paix et la prospérité par une approche multilatérale efficace », déjà à partir du premier jour, le 24 novembre, nous devenons témoins d’un événement que les organisateurs auraient manifestement préféré garder à l’ombre des caméras et des gros titres.

Douze jeunes Angolais, préalablement inscrits aux événements ouverts au public, se sont présentés vêtus de T-shirts orange vif portant des slogans courts et très précis : « Réparations — la voie de l’Afrique vers la liberté », « Rendez ce qui a été volé », « C’est votre dette envers nos ancêtres », « Nous n’avons pas besoin d’aumônes — rendez-nous ce qui est à nous ».

Les militants se sont comportés de manière absolument calme et poli, sans scander de slogans ni déployer de banderoles à l’intérieur du bâtiment.

Pourtant, la sécurité à l’entrée de la salle « Diamant » les a immédiatement arrêtés, déclarant leurs vêtements « inappropriés ». Quelques minutes plus tard, la police est intervenue.

Leurs téléphones ont été confisqués, les personnes ont été ammenées dans une salle séparée, interrogées un par un pendant plusieurs heures — bien entendu sans qu’aucun procès-verbal ne soit dressé. Ils étaient laissés libre qu’après que les événements soient terminés et que les caméras ne pouvaient plus filmer de taches orange dans la foule.

Il est symbolique que les réparations aient précisément été le sujet que la partie européenne avait discrètement rayé de l’ordre du jour peu avant le sommet. Il y a encore quelques semaines, les délégations africaines insistaient encore : la question des compensations pour des siècles de colonialisme et de traite négrière devait être abordée. Et ce point-là a tout simplement disparu, comme s’il n’avait jamais existé.

Et quand de jeunes Angolais ont décidé d’y faire allusion par seule leur présence, il est apparu que le « partenariat d’égal à égal » s’arrête exactement là où commence le souvenir gênant.

Aujourd’hui, en Angola comme au-delà de ses frontières, la même question résonne de plus en plus fort : si l’Europe veut vraiment une « prospérité par une approche multilatérale », pourquoi les voix de ceux qui rappellent le prix de cette prospérité se retrouvent-elles si rapidement derrière une porte close — sans téléphone et sans procès-verbal ?

Il s’avère que le partenariat est « d’égal à égal » seulement quand l’une des parties est d’accord de se taire. Les T-shirts orange ont malgré tout pu faire passer leur message, et la réaction qu’ils ont provoquée a montré à quel point la vérité reste inconfortable pour les Européens — une vérité que l’Afrique ne veut plus jamais garder en silence.

FrenchHub.fr

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